Blog dedicado a difundir la genealogía de Gardel, meticulosamente documentada por investigadores de la Association Carlos Gardel de Toulouse.




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GARDEL et son cousin Jean René BARRAT, "LE ROI DE LA PÊCHE"

et son passage au CLUB de PESCADORES (célèbre club de pêche de BUENOS AIRES)




ans une lettre à sa mère, datée du 13 février 1935, Carlos GARDEL envoie ses salutations à ses parents français : Il cite le "Tío Juan" (son oncle Jean GARDES) et son épouse Charlotte, Marissou (une cousine de sa mère qu'il a qualifiée de "formidable"), une tante qui tient un magasin de parapluies et son fils, et un cousin surnommé "Le roi de la pêche" qu'il gratifie de "phénomène".
Ensuite, il écrit : " A tous mes affectueuses salutations et pensées", mettant ainsi les personnes citées dans une position qui retient toute notre attention. 



Extrait de cette lettre :




Traduction  "New York, le 13 février 1935
Chère Maman :  Me voici ici, comme toujours très content parce que je sais que tu vas bien et que tu es heureuse, comme l'oncle Jean, Charlotte, Marissou, l'autre tante du magasin de parapluies, son fils, et le "phénomène" de mon cousin "le roi de la pêche". A tous mes affectueuses salutations et pensées. Grâce à Dieu, je vais bien, au point de vue de la santé, de l'esprit et du travail, tout ce qui est important en ces temps......"


Pour identifier "le roi de la pêche", nous avons eu recours à la précieuse collaboration de la famille PUGIBET qui vit à PARIS. Un membre de cette famille s'était mis en rapport avec Monique RUFFIÉ qui avait actualisé en 2009, grâce à l'aide de Geneviève PUGIBET, l'arbre généalogique des familles BARRAT et PUGIBET.
Geneviève PUGIBET, que nous avons contacté par téléphone, a affirmé qu'il s'agissait de Jean René BARRAT, qui vivait à TOULOUSE en 1934.



Geneviève PUGIBET et Jean René BARRAT, surnommé "le roi de la pêche" par Carlos GARDEL. 
(Collection personnelle de Geneviève PUGIBET - copie de l'original par Monique RUFFIÉ)
           
           
Le synoptique suivant montre la position de Jean René BARRAT par rapport à la famille GARDES :
On voit que Jeanne Pétronille GARDES, tante de Berthe GARDES est à l'origine de la branche BARRAT-PUGIBET par son mariage avec Bruno Marie BARRAT le 3 septembre 1853. De leur union sont nés 3 enfants : Marius, Anne Alexandrine et Jean Claire BARRAT,qui sont donc des cousins de Berthe GARDES.

Le fils unique de Jean Claire BARRAT,  Bruno Marie Alexandre BARRAT, a été tué à la guerre en 1915, deux mois après le décès de son épouse Rose BOUFIL, laissant orphelin leur fils Jean René BARRAT, né le 19 juin 1914 et qui fut élevé par ses grands parents.

De son mariage avec Andrée REY, célébré le 10 février 1934,  Jean René BARRAT a eu deux fils, Alexandre René et Jean Claude BARRAT.



























Selon le témoignage de Geneviève PUGIBET qui a épousé un petit fils d'Anne Alexandrine BARRAT et qui a bien connu Jean René BARRAT, c'était une personne d'une grande gentillesse et qui était très appréciée.

Jean René BARRAT avait 20 ans quand Carlos GARDEL vint à TOULOUSE pour la dernière fois. Il était alors marié depuis 8 mois avec Andrée Anna REY qui allait bientôt lui donner un fils Alexandre René, né le 12 novembre 1934.

 Ayant appris ces deux événements, Carlos GARDEL dut considérer qu'il devait rendre une visite, aussi brève qu'elle puisse être, pour féliciter Jean René BARRAT dans cette nouvelle étape de sa vie, et il est fort possible que cela ait motivé ses salutations dans la lettre mentionnée au début de cet article.

Si en observant le synoptique de la famille BARRAT, la situation d'orphelin de père et de mère qui a frappé Jean René BARRAT alors qu'il avait un an à peine peut  émouvoir, il est certain que cela a grandement affecté sa famille qui, pour apaiser sa peine, en a certainement fait un enfant choyé par ses grands parents, ses oncles et ses cousins proches ou éloignés.

Carlos GARDEL pouvait comprendre mieux que personne cette absence paternelle; lui aussi ne connaissait son père que par un portrait et lorsqu'il avait besoin d'un conseil avisé il devait recourir à un ami. Il n'est point besoin de parler. Ces expériences se transmettent dans un regard, une étreinte, et en silence. Et pour Jean René BARRAT, peu de moments étaient aussi adéquats que ceux de la pêche au bord de l'eau.
Carlos GARDEL connaissait cette pratique depuis son plus jeune âge. Bien que cela ne l'attirait pas autant que les courses de chevaux, la boxe ou le football, il connaissait les habitudes, les techniques de pêche et les espèces aquatiques par des amis qui, comme José RAZZANO, vouaient une véritable passion pour ce sport. En décembre 1913, quand "l' Oriental" ( surnom donné à  RAZZANO à cause de ses origines uruguayennes) rentrait de la pêche avec une bogue de trois kilos, GARDEL apprenait de la bouche de son ami l' invitation de Pancho TAUREL pour chanter cette nuit à la Confitería "Perú", sans imaginer que cela  allait promouvoir la naissance du duo GARDEL-RAZZANO.
On ne sait pas si Carlos GARDEL possédait des canes à pêche, du fil, ni tout autre élément nécessaire pour la pêche, et on ne connaît pas d'anecdotes sur lui - immanquables entre pêcheurs-; il n' existe sur ce sujet que des mentions vagues et imprécises et un carnet de membre du Clubde Pêcheurs de BUENOS AIRES .



Premier siège du "Club de Pêcheurs"

Officiellement, le Club fut fondé le 3 août 1903, mais cela faisait un certain temps que ce même groupe de pêcheurs se réunissait et pratiquait son sport de prédilection sur un quai désaffecté qui était connu comme "le quai des français" parce qu'il appartenait à une compagnie de navigation de cette nationalité qui acheminait du charbon depuis l'Angleterre. Il se trouvait dans le prolongement de la rue Ayacucho, en traversant les rails du chemin de fer", déclarait en 2003 Martín MARQUEZ, le président du club de l'époque au  reporter du "Buenos Aires Herald".

Le "quai des français" fut emporté le 10 août 1905 par une "sudestata" (phénomène climatique du Rio de la Plata avec des rafales de vent et des inondations), suite à quoi les membres de club occupèrent le brise lames du port où se trouve actuellement l'Association Argentine de Pêche. "Ils se réunirent en ce lieu jusqu'au déménagement vers le nord", ajoute l'ancien président MARQUEZ.

Pour pouvoir construire le siège actuel, on augmenta les cotisations, on demanda le paiement anticipé de ces cotisations et on eu recours à l'Emprunt Général Interne Obligatoire du Club de Pêcheurs - Immeuble Social et Quai Privé de 100 Pesos (équivalent à 10% de la valeur d'une voiture) auquel GARDEL cotisa le 3 novembre  1926.   




Titre de 100 pesos de l'emprunt du Club de Pêcheurs au nom de Carlos GARDEL

Il ne s'agissait pas d'une collaboration de circonstance mais plutôt du fait que GARDEL s'inscrivait formellement en janvier 1930 en tant que membre N°312 de ce club, dont il fut exclu le 3 juin 1932. Sur sa fiche de membre, présentée ci-après on relève le domicile de José RAZZANO, son administrateur de l'époque, responsable du non paiement des cotisations pendant que GARDEL était en France pour le tournage de ses films avec la PARAMOUNT.


 Fiche de Membre du Club de Pêcheurs de Carlos GARDEL  (Année 1930)

GARDEL rentra d'Europe le 30 décembre 1932 et resta en Argentine jusqu'au 7 novembre 1933. Sa relation avec RAZZANO s'était notablement et irréversiblement détériorée, car il délégua l'administration de ses biens en la personne d' Armando DEFINO, qui petit à petit s'était substitué au compagnon du duo.

Le 9 février 1933, lorsque GARDEL demanda sa réadmission comme membre du Club de Pêcheurs, on lui attribua le n° 855 et le carnet de membre N° 763. En cette occasion, le domicile indiqué (pour le paiement ?) était le sien : 735 rue Jean Jaurès et son nouvel administrateur s'acquitta scrupuleusement du versement des cotisations jusqu'au décès du chanteur.

  



Fiche de Membre du Club de Pêcheurs de Carlos GARDEL  (Année 1933)

Cette réincorporation montre tout l'intérêt de GARDEL d'appartenir à cette entité, où il avait certainement cultivé des amitiés qui perdurèrent sans que la rupture avec RAZZANO n'ait d'influence.




Carnet N°763, membre N° 855, délivré le 14 mars 1933 au nom de Carlos GARDEL. (La cotisation mensuelle était de cinq pesos, comme on peut le voir sur le reçu du mois de mars 1934).

A l'emplacement où fonctionna le premier siège du Club de Pêcheurs s'érige aujourd'hui l'Association Argentine de Pêche. Fondée en 1934 sous le nom d' "Annexe Pêche" et rebaptisée avec son nom actuel en juin 1936, la construction de son bâtiment débuta à la fin de 1939.








































Selon l'information donnée précédemment ce fut le lieu présenté sur ces  deux dernières photos qui fut fréquenté par Carlos GARDEL entre 1926 et 1933 durant l'étape de transition entre  "le quai des français" et  le siège actuel du Club de Pêcheurs que le chanteur ne put connaître.

GARDEL n'avait pas d'expérience d'adolescent à évoquer avec ses cousins lors de ses retrouvailles. A la différence de Louis François RAMIÈRES ( qui était chauffeur de camions), Jean René BARRAT lui remémorait les soirées de bohème avec RAZZANO et d'autres amis que nous ignorons :  ses promenade au bord de l'eau, ses odeurs, des bribes de jeunesse et son "Buenos Aires querido" (En français : son "Buenos Aires adoré" - du titre d'une de ses plus célèbres chansons).



Georges GALOPA                               Ana TURÓN       
         ANDOLSHEIM (FRANCE)               AZÚL (ARGENTINE)
                           
                                                                                                       Le 29 octobre 2017                           


Sources consultées :
Livres :
Razzano, José – García Jiménez, Francisco: Vida de Carlos Gardel. Imprenta López, 1946
Journaux et Revues :
Buenos Aires Herald. Suplemento Pesca, Caza, Náutica y Aventura. Año 2 – N° 16, Août 2003.


Les auteurs remercient :

Madame Geneviève PUGIBET (PARIS)

Club de Pescadores de BUENOS AIRES, et plus particulièrement son 1er Vice président, Monsieur Luis Spandonari

Les Archives Départementales du Tarn, de la Haute Garonne et les services de l'État civil des Mairies d'Albi, de Toulouse, et de Saint Félix Lauraguais  pour l' élaboration de l' arbre généalogique contenu dans cet article.